Ren Hang Paris

Ren Hang à Paris, l’expo qui fait sensation

Nudité crue, mise en scène érotico-humoristique et colorimétrie travaillée. C’est le trio gagnant du travail de Ren Hang, photographe chinois à qui la MEP (Maison Européenne de la Photographie) consacre une exposition temporaire en ce moment.

Encore inconnu du grand public il y a quelques semaines, l’exposition de la galerie d’art photographique fait salle comble. Il faut dire que le bouche-à-oreille va bon train, sur les réseaux sociaux notamment où les photographies de Ren Hang font sensation. Mais qui se cache derrière cet artiste disparu en  2017 ?

Exposition Ren Hang à Paris : l’histoire d’un photographe chinois influent

En Chine, l’artiste fait partie des figures influentes. Son travail mettant souvent en scène la jeunesse a fait de lui la coqueluche, voire le porte-parole, d’une génération en quête de liberté.

Les quelques 150 clichés de Ren Hang que l’on retrouve exposés à Paris mettent la lumière sur son travail sous la forme d’une rétrospective pour cet homme disparu très jeune. Travaillant avec un petit Minolta argentique, il met en scène ses amis ou encore sa famille. Et si le travail du photographe est aussi marquant c’est que la spontanéité transparaît dans des mises en scènes pourtant ultra-travaillées. Ici, il met un paon dans les mains du modèle. Là, il pose un chat au sommet d’un crâne. Les mains des femmes se touchent et se réunissent pour former un kaléidoscope de chair.

Ren Hang photographie les femmes

Souvent c’est la mise en lumière de la jeunesse chinoise que l’on accentue dans ses clichés, ou les clichés les plus érotiques, à la limite du pornographique. Pourtant, l’exposition Ren Hang, à Paris, montre bien à quel point les femmes ont été une source d’inspiration importante pour l’artiste.

Ses clichés soulignent la peau blanche et les cheveux ébènes de ses amies ou soeurs. Chez Ren Hang, l’hyper-féminité est ultra-présente, elles ont toutes des bouches rouges et des ongles assorties. Les corps s’emmêlent, les seins et les toisons pubiennes se dévoilent sans pudeur. Pourtant, le corps de la femme n’en est pas pour autant objectivé, la sensualité exacerbée ne franchit jamais la frontière de la vulgarité. Les images restent esthétiques, belles, les corps s’offrent comme une toile de maître. Ren Hang dans ses photos élèvent la femme parmi les sacrés, sans en faire des tonnes.

Au contraire, l’humour n’est jamais loin. Véritable signature du photographe, l’ironie et le recul sous-tendent tous ses portraits de femmes, mais aussi d’hommes.

Ren Hang Paris

Ren Hang Paris

Ren Hang : l’homme torturé

Dans sa vie personnelle – qui se mêle en permanence à son travail puisque l’artiste photographie ses proches -, Ren Hang est un homme dépressif. Ses photographies s’accompagnent de textes souvent extraits de son journal intime dans lequel il confie son mal-être. Le mal qui le ronge finira par le mener au suicide. En effet, en 2017, il se donne la mort en sautant d’une fenêtre. Au regard de cette vin prématurée, funeste prémonition que le cliché exposé à la Maison Européenne de la Photographie sur lequel on voit un homme sauter du haut d’un immeuble photographié en contre-plongée.

En définitive, la Maison Européenne de la photographie, à Paris, présente ce qui semble être l’une des meilleures expositions photos de l’année. On y découvre également de futurs grands photographes tels que Coco Capitan (photographe de mode qui dépoussière les clichés classiques à la Erwin Blumenfeld avec une touche pop et trash) mais aussi Yoonkyung (la lauréate du prix Dior de la Photographie). Bref, une excellente occasion de varier des expositions au Centre Pompidou, au Grand Palais ou à la Fondation Cartier !

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